Des records plutôt que des machines
Le bassin du Donbass fournit l'essentiel du charbon soviétique, nerf de l'acier, des chemins de fer et de l'industrie de guerre. À la fin des années 1930, le rendement des mineurs plafonne : outils manuels, matériel rare, conditions de travail dures.
Mécaniser les mines coûterait des machines et de l'acier que l'État réserve en priorité à l'armement. Une autre voie consiste à mobiliser les hommes eux-mêmes, à dresser des objectifs et à célébrer les recordmen.
Faut-il investir dans le métal et les convoyeurs, ou miser sur l'émulation et la pression sur les ouvriers ?
Comment augmenter vite la production de charbon du Donbass sans détourner l'acier vers la mécanisation des mines ?
Le pouvoir relance le mouvement stakhanoviste, né du record d' en 1935. Des milliers de mineurs sont lancés dans la compétition aux records et la production annoncée grimpe sans gros investissement. Mais beaucoup de chiffres sont gonflés par les chefs d'équipe pour plaire à la hiérarchie, et le rendement réel et durable progresse bien moins que la propagande ne le proclame.









