Le caoutchouc qui ne pousse pas dans le Reich
L'Allemagne ne produit pas de caoutchouc naturel : l'hévéa pousse dans les colonies d'Asie du Sud-Est, contrôlées par les Britanniques et les Néerlandais. Dès que la guerre éclate, le blocus maritime menace d'asphyxier toute l'industrie du pneumatique — voitures, camions, avions, sans lesquels aucune armée moderne ne bouge.
IG Farben a mis au point le procédé Buna, un caoutchouc synthétique tiré du butadiène et du styrène. Mais le procédé exige des installations lourdes et coûte bien plus cher que le produit naturel importé.
Faut-il parier l'industrie chimique du Reich sur le synthétique, chercher une variante moins gourmande, ou jouer la montre en accumulant des stocks tant que les routes maritimes restent ouvertes ?
Comment l'Allemagne doit-elle sécuriser son approvisionnement en caoutchouc une fois le blocus maritime en place ?
Le Reich choisit l'investissement massif dans le Buna. De nouvelles usines sont édifiées (Schkopau, Hüls, et plus tard Auschwitz-Monowitz), malgré un coût de production très supérieur au caoutchouc naturel. En 1943-1944, la production atteint environ 110 000 à 120 000 tonnes par an, suffisamment pour soutenir l'industrie automobile et aéronautique allemande malgré le blocus. Sans ce pari sur le synthétique, la Wehrmacht aurait manqué de pneumatiques dès les premières campagnes.









