Le charbon du Reich: l'État ou les barons de la Ruhr
Début 1941, la mobilisation de l'économie de guerre allemande exige une main ferme sur le charbon, nerf de l'acier, de l'électricité et des carburants synthétiques. Le commissaire au charbon veut réorganiser toute la branche sur le modèle étatique du Reichsnaehrstand: il dénonce les négociants comme des parasites à éradiquer et réclame un contrôle centralisé par l'administration.
Les grands maîtres de forges de la Ruhr, Krupp, Flick et les syndicats houillers, refusent net ce dirigisme. Ils proposent au contraire une organisation gérée par les industriels eux-mêmes, sous tutelle souple de l'État, qui préserverait le caractère privé du secteur.
Lors d'une réunion houleuse en février 1941, le conflit éclate au grand jour devant Goering et le ministre Funk. Goering, arbitre suprême du Plan de 4 ans, doit trancher entre 2 visions opposées de l'économie de guerre.
Goering doit-il confier l'organisation du charbon à l'État ou aux industriels eux-mêmes ?
Goering donna raison aux industriels. Par un décret du 3 mars 1941, il approuva la création de la Reichsvereinigung Kohle (Association du Reich pour le charbon), formellement établie par le ministre de l'Économie le 21 avril 1941. À la demande unanime des industriels, il en confia la présidence à , cofondateur des Reichswerke . Les statuts furent rédigés selon les vœux de l'industrie: l'organisation préserva le caractère privé de l'exploitation minière et limita l'influence de l'État. Le plan étatiste de fut écarté, et Walter quitta la scène après que Funk eut qualifié son projet de bolchevique.
En savoir plus sur cet événement
T07-049