Le métal sans lequel les canons ne se forgent pas
Le tungstène, ou wolfram, est indispensable aux outils de coupe en carbure : sans eux, impossible d'usiner les obus et les pièces d'artillerie avec précision. Or les grands gisements se trouvent hors d'Europe ou à ses marges — Panasqueira au Portugal, l'Andalousie en Espagne, le Jiangxi en Chine.
En 1939, l'Allemagne sait ses réserves de wolfram comptées. Le blocus allié promet de couper les importations lointaines, et les Alliés eux-mêmes convoitent le minerai ibérique.
Faut-il rafler le wolfram péninsulaire à n'importe quel prix, basculer vers des outils de substitution produits sur le sol allemand, ou miser sur des stocks pour traverser la pénurie annoncée ?
Comment l'Allemagne doit-elle assurer son approvisionnement en tungstène alors que ses stocks sont limités ?
L'Allemagne paie le wolfram portugais et espagnol en or, puisant dans les réserves de la Reichsbank, tout en constituant des stocks. Les Alliés livrent une véritable guerre d'enchères pour priver le Reich du minerai, et le Portugal finit par embargoer ses exportations vers l'Allemagne en juin 1944. La pénurie de carbure de tungstène qui s'ensuit dégrade la qualité des munitions allemandes dans les derniers mois de la guerre.









