Lofoten — l'opération Claymore
Après Dunkerque, Churchill a réclamé la création de troupes de choc capables de frapper les côtes de l'Europe occupée : les . Au début de 1941, ces unités neuves n'ont encore mené aucune opération d'envergure et cherchent à faire leurs preuves. Une cible est retenue dans le Grand Nord : les îles Lofoten, au large de la Norvège occupée, dont les usines transforment l'huile de poisson en glycérine, utile à l'industrie de guerre allemande.
L'opération Claymore réunit un peu plus de 500 hommes des et des Norvégiens libres, transportés par la Royal Navy. L'objectif officiel est de détruire les installations, couler des navires et capturer des prisonniers. L'archipel est faiblement défendu, mais nul ne sait à l'avance ce que la flottille de navires allemands au mouillage recèlera.
Le commandement de la force doit définir l'ambition du raid : se borner à la destruction économique prévue et se retirer vite avant toute réaction allemande ; pousser l'audace en s'emparant de tout matériel sensible repéré ; ou prolonger l'occupation des îles au risque d'une contre-attaque aérienne.
Jusqu'où pousser le raid de Lofoten ?
La force exécute A, mais l'imprévu fait basculer le raid vers B : le 4 mars 1941, les détruisent les usines, coulent une dizaine de navires (35 000 tonnes), capturent plus de deux cents prisonniers allemands et ramènent des volontaires norvégiens — sans presque aucune perte. Surtout, parmi les bâtiments au mouillage se trouve un chalutier armé porteur de matériel de chiffrement, le Krebs : un détachement y saisit des roues de chiffrement Enigma et des documents qui aideront Bletchley Park à percer le code naval allemand. Le premier grand raid des est un succès complet qui valide le concept et nourrit la propagande. Il inaugure une série d'opérations (Vågsøy, Saint-Nazaire, Dieppe) et contribue à fixer en Norvège des forces allemandes que Hitler, hanté par l'idée d'un débarquement, ne cessera de renforcer.









