Force H — un raid en eaux italiennes
Au début de 1941, la de Gibraltar, commandée par le vice-amiral , est l'un des rares instruments dont disposent les Britanniques pour frapper l'Italie en Méditerranée occidentale. Après le raid de Tarente et l'effondrement italien en Libye, Londres veut multiplier les coups portés au moral et au prestige de Mussolini, tout en démontrant que la Royal Navy peut frapper jusque dans les eaux côtières italiennes.
L'objectif retenu est Gênes, grand port industriel du nord, et ses environs (La Spezia, Livourne). L'opération Grog engage le cuirassé Malaya, le croiseur de bataille Renown et le porte-avions Ark Royal. Mais l'entreprise est risquée : la flotte de bataille italienne, bien que meurtrie à Tarente, reste puissante et pourrait intercepter Somerville loin de ses bases ; le mauvais temps et la défense côtière compliquent l'approche.
Somerville doit décider d'exécuter ou non ce raid audacieux en eaux ennemies : foncer bombarder Gênes pour l'effet politique et matériel, malgré le risque d'être coupé de Gibraltar ; renoncer faute de garanties ; ou se limiter à une démonstration au large, sans s'exposer dans le golfe de Gênes.
Somerville doit-il mener le bombardement de Gênes en eaux italiennes ?
Somerville exécute A. Au matin du 9 février 1941, la bombarde Gênes — plusieurs centaines d'obus lourds sur le port et la ville, des navires coulés dans le bassin — tandis que les avions de l'Ark Royal attaquent La Spezia et minent Livourne. La flotte italienne, mal renseignée, ne parvient pas à intercepter Somerville, qui regagne Gibraltar sans dommage. Le raid fait des dégâts matériels limités mais un grand effet psychologique : il humilie Mussolini, déjà accablé par les revers d'Afrique et de Grèce, et démontre l'impuissance de la Regia Marina à protéger ses propres côtes. Grog illustre la stratégie britannique de l'hiver 1941 : frapper l'Italie partout où elle est vulnérable, pour la maintenir sur la défensive en attendant l'épreuve plus rude qui vient avec l'entrée en lice des Allemands.









