Les goniomètres se rapprochent — Norvège occupée
Un opérateur radio clandestin de , l'organisation militaire de la résistance norvégienne, vit depuis des mois au rythme de ses transmissions vers Londres. Depuis une chambre ou un grenier de Bergen, il chiffre à la main les renseignements rassemblés par son réseau, puis bat la clé à heures convenues vers les stations du britannique, le service des opérations spéciales qui arme et instruit la résistance.
Les informations qu'il transmet ont du prix : mouvements de navires de la Kriegsmarine le long des fjords, positions de batteries côtières, repérages d'unités allemandes. Mais chaque émission est un risque. Les camionnettes de radiogoniométrie allemandes sillonnent la ville, triangulant les signaux clandestins rue par rue, et la , épaulée par la police de l'État de et son parti , traque sans relâche les postes émetteurs. Plusieurs camarades ont déjà disparu.
Les relevés des derniers jours ne laissent plus de doute : les goniomètres se rapprochent de son quartier. Il lui faut décider sans tarder. Continuer à émettre vers Londres malgré la détection imminente, pour ne pas laisser le renseignement périmer ; cesser aussitôt toute transmission et se mettre au vert afin de protéger le reste du réseau ; ou démonter le poste et le déplacer vers une cache de montagne, au risque d'être pris en transit avec l'émetteur sur les bras.
Bergen, février 1942, opérateur radio clandestin de Milorg : comment se conduire quand la détection se resserre sur son poste ?
En Norvège occupée, beaucoup d'opérateurs choisirent de continuer à émettre tant que la liaison tenait, jugeant le renseignement trop précieux pour se taire. La guerre des ondes y fut acharnée : les services de détection allemands, appuyés par la et la police de Quisling, repérèrent et démantelèrent de nombreux postes. Des dizaines d'opérateurs de et du furent capturés, torturés pour livrer codes et complices, puis emprisonnés ou exécutés. Le renseignement transmis n'en resta pas moins capital — en particulier les rapports navals sur les mouvements de la Kriegsmarine dans les fjords, qui nourrirent les attaques alliées contre des cibles comme le Tirpitz. Quand un secteur devenait intenable, opérateurs et agents recherchés étaient évacués par mer vers les Shetland, sur les bateaux de pêche du « Shetland Bus », filière qui assura aussi l'acheminement d'armes et de nouveaux postes vers la côte.
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