Le pont de la Sittang : le détruire avec la division derrière ?
(« Jackie » Smyth) commande la dans une retraite désastreuse à travers la Birmanie. Titulaire de la gagnée en 1915, il replie ses brigades épuisées vers la , large rivière dont un unique pont ferroviaire, sommairement aménagé pour les véhicules, ouvre la route de , le grand port et clé de toute la colonie.
Le 22 février, la situation tourne au cauchemar. L'avant-garde japonaise, plus rapide que prévu, s'infiltre dans la jungle et attaque la tête de pont sur la rive ouest, là où se trouvent les charges de démolition. Sur la rive est, l'essentiel de la division est encore prisonnier des embouteillages, des bombardements et des combats confus ; les colonnes piétinent à quelques kilomètres du seul passage. Si les Japonais s'emparent du pont intact, plus rien ne les sépare de .
Dans la nuit du 22 au 23 février, Smyth doit trancher l'impensable. Il peut ordonner aussitôt la destruction du pont pour barrer la route de , sacrifiant les deux brigades restées sur la rive est ; attendre encore que le maximum d'hommes ait traversé, au risque que l'ennemi enlève le pont intact et déferle vers le port ; ou tenter une destruction partielle ou retardée, en espérant gagner quelques heures sans tout perdre.
Pont de la Sittang, février 1942, le major-général commandant la 17e division indienne : faut-il détruire le seul pont avant l'arrivée des Japonais ?
Smyth ordonne la destruction du pont, qui saute à l'aube du 23 février 1942 alors que la majeure partie de la est encore sur la rive est. Coupés du seul passage, les hommes tentent de franchir la à la nage ou sur des radeaux de fortune sous le feu : beaucoup se noient, abandonnent leurs armes ou sont capturés. La division, forte d'environ 17 000 hommes, se retrouve réduite à quelque 3 500 fantassins en état de combattre. La route de est ouverte, le port tombe début mars, et Smyth est relevé de son commandement.
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