Les cuirassés à quai faute de mazout — Méditerranée centrale
L'amiral commande en chef les forces de bataille de la , la marine de guerre italienne. Marin de carrière, il a déjà conduit la flotte au feu — notamment au cap Matapan en mars 1941, où il a perdu trois croiseurs lourds et failli laisser son navire amiral, le cuirassé . Depuis, chaque sortie des grandes unités se pèse au litre de carburant.
Le nerf de la guerre en Méditerranée, c'est le ravitaillement de l' d' en Libye : sans carburant, munitions et renforts acheminés par mer, l'offensive allemande en Afrique du Nord s'éteint. Or les convois italiens qui traversent vers Tripoli sont harcelés sans relâche par les sous-marins, les avions et les forces de surface britanniques basés à Malte. Pour les protéger, il faudrait engager les cuirassés. Mais l'Italie manque cruellement de mazout : les réserves sont si basses que l'état-major naval, la , rationne déjà les mouvements de la flotte et cloue ses plus gros bâtiments au port.
Un nouveau convoi crucial doit appareiller. Iachino doit trancher : faire sortir les grandes unités pour le couvrir malgré la consommation de mazout ; n'envoyer que croiseurs et destroyers afin d'économiser le carburant ; ou laisser la flotte à quai et confier la protection à la seule aviation.
Méditerranée centrale, février 1942, à la tête de la Regia Marina, l'amiral Angelo Iachino : comment escorter les convois vitaux vers la Libye ?
En 1942, la pénurie de mazout devint le facteur déterminant de la stratégie navale italienne. Les réserves tombèrent si bas que la ne pouvait plus faire sortir librement ses cuirassés : la plupart des escortes de convois vers la Libye furent confiées aux croiseurs et destroyers, plus économes, les grandes unités ne sortant que pour des opérations jugées vitales. Iachino mena ainsi des escortes au plus juste, comme lors de la deuxième bataille de Syrte en mars 1942, où sa flotte protégea un convoi tout en repoussant l'escorte d'un convoi britannique vers Malte. La « bataille des convois » fut acharnée : la et la marine marchande italienne payèrent un lourd tribut en navires coulés par les sous-marins, l'aviation et les forces de surface alliés de Malte. Faute de carburant débarqué en quantité suffisante, l' de Rommel finit privé du ravitaillement nécessaire, et le sort de la guerre du désert se joua autant sur les routes maritimes que dans les sables.
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