Le général tient entre ses mains le sort de , seul grand port de et verrou stratégique sans lequel ni les armées du sous-continent ni la Chine de ne peuvent être ravitaillées. Depuis la rupture du front sur le , les colonnes japonaises avalent des kilomètres chaque jour, tandis que les défenseurs britanniques, indiens et birmans, à bout de nerfs, refluent en désordre. Dans la ville, l'exode des civils et les pillages ont paralysé les quartiers du port ; les quais sont encombrés de matériel que nul n'a encore le temps de détruire.
Hutton pèse 3 issues d'inégale fortune. Ordonner l'évacuation méthodique en sabotant les raffineries, les dépôts et les installations portuaires, puis se replier vers le nord pour préserver une armée combattante, couperait irrémédiablement la . Tenir rue par rue et garder le port coûte que coûte permettrait de maintenir le flux logistique, mais au risque d'encercler une garnison déjà épuisée. Lancer une contre-attaque pour rejeter les Japonais au-delà du séduirait les quartiers généraux de Delhi et de Chongqing, mais les unités disponibles manquent d'artillerie, de blindés et de tout élan offensif.
Chaque heure qui passe réduit les options. Les équipes de démolition attendent les ordres ; les derniers navires marchands sont encore à quai. Hutton sait que la décision qu'il prend ce soir engagera des centaines de milliers de combattants et le destin d'une voie de ravitaillement qui relie deux théâtres de guerre.
Rangoon, 25 février 1942, commandant les forces britanniques en Birmanie : que doit faire Hutton pour sauver ce qui peut encore l'être ?
Hutton ordonne l'évacuation. tombe le 8 mars 1942. La est coupée, privant la Chine de son principal corridor logistique ; devra désormais compter sur le pont aérien de l'Himalaya. Pour les Britanniques s'engage alors la plus longue retraite de leur histoire militaire : près de 1 500 kilomètres à pied jusqu'en Inde, sous les pluies de mousson, harcelés par une armée japonaise qui ne leur laisse aucun répit.
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