Birmanie : fuir Rangoon avant la marée japonaise
Un réfugié indien de fait partie des centaines de milliers d'Indiens établis en britannique : ouvriers des docks, commerçants, dockers, employés, venus du Bengale et du sud de l' travailler dans la grande ville portuaire. Depuis des semaines, les bombardements japonais frappent , l'administration se délite et la rumeur d'une chute prochaine se répand dans les quartiers indiens.
Fin février 1942, les troupes japonaises remontent vers après avoir franchi le Sittang ; la ville sera occupée le 8 mars. Les autorités britanniques organisent leur propre repli et celui des Européens, mais la masse des civils indiens se retrouve livrée à elle-même. Vers le nord et l'ouest, des pistes de jungle mènent vers l' à travers l' et l' — des centaines de kilomètres de forêt, de cols et de marécages, où guettent la mousson, le paludisme et la faim.
Le réfugié doit choisir vite pour les siens : partir aussitôt vers le nord par les pistes de l' et de l', au péril de la jungle ; rester sur place en espérant que l'occupation épargnera les civils et les laissera travailler ; ou tenter d'embarquer sur l'un des derniers navires quittant avant la fermeture du port.
Rangoon, février 1942, un réfugié indien de Birmanie : par quel chemin tenter de sauver sa famille de l'avance japonaise ?
À partir de février 1942, plus de 500 000 civils, en grande majorité indiens, prirent la route de l' à pied — un exode resté dans les mémoires sous le nom de « the Trek ». Sur les pistes de l', de la vallée de la Hukawng et de l', des dizaines de milliers moururent de faim, d'épuisement, de paludisme, de dysenterie et de choléra ; la mousson transforma les chemins en bourbiers jonchés de corps. Les évacuations par mer depuis ne sauvèrent qu'une fraction des civils avant la chute du port. Le bilan exact ne fut jamais établi, mais les estimations vont de plusieurs dizaines de milliers à plus de 80 000 morts sur les routes vers l'.
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