Côte du Pacifique : rester ou se présenter au rassemblement ?
Un Canadien d'origine japonaise vit sur la côte de , où sa famille pêche le saumon depuis une génération. Beaucoup des siens sont nés au Canada et n'ont jamais connu le Japon ; ils n'en restent pas moins désignés comme suspects depuis l'entrée en guerre du Canada contre Tokyo, en décembre 1941, quand les autorités ont saisi près de 1 200 bateaux de pêche appartenant à des Japonais.
La peur et l'hostilité montent dans la province. La presse et les politiciens locaux réclament l'éloignement de toute la communauté, bien que la police et l'armée jugent qu'elle ne représente aucune menace. Le 26 février 1942, le gouvernement de ordonne l'évacuation de toutes les personnes d'ascendance japonaise d'une zone de 100 milles le long de la côte. Les familles ne peuvent emporter qu'un strict bagage ; le reste — maisons, commerces, bateaux, voitures — est confié à un administrateur officiel.
Il doit décider quoi faire de sa famille et de son existence. Il peut obéir et se présenter au centre de rassemblement de , à , dans l'espoir d'éviter les ennuis ; tenter de rester sur place en cédant ses biens et son bateau pour acheter un sursis ; ou envoyer femme et enfants vers l'intérieur pendant qu'il cherche du travail, au risque de voir la famille séparée pour de longs mois.
Vancouver, février 1942, pêcheur canadien d'origine japonaise : comment répondre à l'ordre d'évacuer la côte du Pacifique ?
L'ordre ne laisse aucune marge : environ 22 000 Canadiens d'origine japonaise — dont les trois quarts citoyens canadiens — sont déplacés de la côte du Pacifique en 1942. Des milliers transitent par , à , parqués dans des bâtiments de foire avant d'être expédiés vers des camps de l'intérieur de la , des fermes de betterave des Prairies ou des camps de travail. Les hommes sont souvent séparés de leur famille. En 1943, l'administrateur des biens revend maisons, commerces et bateaux sans le consentement des propriétaires, anéantissant le fruit de toute une vie. Les restrictions perdurent jusqu'en 1949, quatre ans après la fin de la guerre. Aucune accusation d'espionnage ne sera jamais portée. Le 22 septembre 1988, le Premier ministre présente des excuses officielles au nom du Canada et accorde une réparation, reconnaissant une violation grave des droits fondamentaux de citoyens.
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