La compagnie perdue de Timor
Le major reçoit la nouvelle dans les hauteurs de l'intérieur : les Japonais ont débarqué en force sur les deux moitiés de l'île, et le gros de , encerclé près de , vient de capituler. Sa , 200 hommes entraînés au combat irrégulier, est encore intacte — mais coupée de tout contact avec l'Australie, sans ravitaillement, sans ordres, entourée d'une population dont la fidélité n'est pas acquise. La reddition immédiate ou la fuite maritime vers le nord de l'Australie sembleraient, à ce stade, les seules issues raisonnables.
Pourtant Spence mesure l'autre possibilité : la jungle et les montagnes de , que ses hommes connaissent, peuvent devenir un terrain favorable à une guérilla prolongée. S'y enfoncer, c'est parier sur la résistance des Timorais, sur la capacité à vivre du pays et sur la chance d'un futur contact radio — autant d'inconnues dans une île désormais tenue par l'ennemi.
Spence doit choisir : s'enfoncer dans les montagnes et mener une guérilla en refusant toute reddition ; déposer les armes avec le reste de la garnison pour épargner des représailles aux civils ; ou tenter aussitôt une exfiltration maritime risquée vers l'Australie. S'ils tiennent, ces commandos constitueront le seul foyer de résistance alliée dans toute cette partie du Pacifique, à un moment où les défaites s'enchaînent de Pearl Harbor à Singapour.
Timor, 20 février 1942, commandant la 2/2e compagnie indépendante : que faire quand le reste de la garnison capitule et que 200 commandos se retrouvent seuls dans les montagnes ?
Spence refuse de se rendre. Pendant près d'un an, ses commandos, appuyés par des Timorais qui acceptent de les guider et de les ravitailler, mènent une guérilla qui immobilise des milliers de soldats japonais bien au-delà de ce que valent leurs effectifs. Ils parviennent à rétablir un contact radio avec l'Australie, permettant largages de ravitaillement et renseignements précieux. Évacués par mer début 1943, ils auront été l'une des très rares forces alliées à tenir tête à l'envahisseur durant ces mois de défaites — au prix de lourdes représailles japonaises contre les civils timorais.
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