Sorge à Tokyo : le filet se resserre
, journaliste allemand et agent secret du renseignement militaire soviétique (GRU), anime à Tokyo un réseau d'élite — dont , conseiller proche des cercles du pouvoir. En 1941, il a transmis la date de Barbarossa (que a ignorée), puis le renseignement décisif : le Japon « frapperait au sud », vers le Pacifique, et non au nord contre l'URSS.
À l'automne 1941, la police spéciale (Kempeitai) remonte la filière : des arrestations livrent des noms. Sorge sent le danger. Continuer à transmettre les confirmations finales — qui permettraient à Moscou de dégarnir l'Extrême-Orient — suppose de rester exposé ; survivre voudrait qu'il se taise, fuie, ou sabote son propre réseau.
Entre la mission et sa peau, l'espion doit choisir.
Alors que la police japonaise resserre son étreinte, Sorge doit-il continuer à transmettre, se taire et disparaître, ou détruire son réseau ?
Sorge poursuivit son travail ; lui et une trentaine de membres du réseau furent arrêtés à partir du 18 octobre 1941. Son renseignement — conjugué au décryptement soviétique — assurant que le Japon attaquerait au sud permit le transfert vers Moscou des divisions sibériennes, décisif pour la contre-offensive de décembre. Sorge fut pendu à Tokyo le 7 novembre 1944 ; l'URSS ne le reconnut comme héros qu'en 1964.









