En six semaines, du 10 mai à la fin juin 1940, l'Allemagne a battu les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la France et chassé du continent le corps expéditionnaire britannique — un renversement que peu avaient cru possible. Le contraste avec l'enlisement de 1914-1918 frappe les esprits.
Pour comprendre ce résultat, plusieurs facteurs s'entremêlent, et vous pouvez en débattre l'importance relative : le rapport matériel entre les deux camps (chars, effectifs, aviation), la doctrine d'emploi (concentration ou dispersion des blindés, coopération chars-avions-radio, initiative des chefs), le plan d'opérations (la percée des Ardennes), la maîtrise de l'air, et le fonctionnement des deux commandements.
Comment expliquer, pour l'essentiel, la défaite alliée de 1940 ? Par l'infériorité matérielle ? Par les erreurs de doctrine et de commandement ? Ou par le plan allemand et la maîtrise de l'air ? Le diagnostic engage la lecture de toute la campagne.
Comment expliquer, pour l'essentiel, la défaite alliée de 1940 ?
L'historiographie récente (notamment ) retient surtout B et C, et écarte A : les Alliés n'étaient pas inférieurs en nombre de chars ou d'hommes — ils disposaient même de blindés souvent supérieurs (B1 bis, Somua). La défaite tient à la doctrine (chars allemands concentrés vs dispersés côté allié, radio, coopération interarmes), au plan Manstein (percée surprise par les Ardennes), à la maîtrise de l'air allemande et aux carences du commandement allié (lenteur, rigidité, mauvaise coordination, effondrement moral d'unités de réserve). La victoire de 1940 fut moins un triomphe de la quantité qu'un coup d'audace et d'organisation — un « mythe de la guerre-éclair » dont Frieser a montré qu'il devait beaucoup à la prise de risque et à la chance.









