Halt-Befehl — Charleville 24 mai 12h30
Le 23 mai 1940, les divisions blindées allemandes (Guderian, Reinhardt, Hoth) ont atteint le canal Aa, à 10 km de Dunkerque. La British Expeditionary Force (BEF) sous Lord Gort, la 1re armée française sous Georges Blanchard, et l'armée belge sont encerclées dans la « poche de Flandres » (60 km de profondeur). Tout indique que la Wehrmacht peut détruire les Alliés encerclés en 48 heures.
Au matin du 24 mai 1940, Hitler arrive au QG de la à Charleville-Mézières. Réunion avec (commandant ), (commandant en chef OKH) et (chef d'état-major). Rundstedt évoque prudemment l'état des blindés après une marche fulgurante et la nécessité éventuelle d'un regroupement. Le terrain marécageux des Flandres, peu favorable aux chars, entre aussi dans la discussion.
À 12h30 le 24 mai 1940, une décision majeure doit être prise sur l'emploi des Panzers face à la poche. Plusieurs logiques s'affrontent : militaire, politique, opérationnelle. Les motivations exactes de ce choix feront débat dès l'après-guerre. Les historiens proposent trois lectures concurrentes.
Pourquoi Hitler accepte-t-il cet arrêt ?
Hitler signe la Directive n°13, le « Halt-Befehl » : les divisions blindées doivent s'arrêter sur la ligne du canal Aa, et la destruction de la poche est confiée à la Luftwaffe — Goering ayant promis de « finir » la BEF par les airs. Les chars ont parcouru 350 km en 14 jours et beaucoup nécessitent une révision. L'historiographie consensuelle moderne (, ) retient surtout la conviction militaire de préserver les Panzers pour la phase suivante (Fall Rot, attaque sur Paris du 5 juin), avec une part politique (espoir d'une paix négociée si Halifax reprend le dessus sur Churchill). L'erreur stratégique est massive : pendant les trois jours d'arrêt (24-26 mai), les Alliés organisent Dynamo. Du 27 mai au 4 juin, 338 226 soldats sont évacués vers l'Angleterre — la BEF presque entière, plus environ 100 000 Français et 30 000 Belges. Le Halt-Befehl est probablement la plus grande erreur stratégique de Hitler dans la campagne 1940. Il permet à la Grande-Bretagne de continuer la guerre — sans lequel la Battle of Britain n'aurait probablement jamais eu lieu sous la forme qu'on lui connaît.









