Le « halt order » devant Dunkerque
Le 24 mai 1940, les divisions blindées allemandes, après leur course fulgurante jusqu'à la Manche, ne sont plus qu'à une vingtaine de kilomètres de Dunkerque, dernier port par lequel le corps expéditionnaire britannique et des troupes françaises peuvent espérer s'échapper. La proie semble à portée.
Le haut commandement hésite pourtant. Les Panzers sont usés par deux semaines d'offensive, le terrain des Flandres est coupé de canaux peu favorable aux chars, et il faut les ménager pour la seconde phase de la campagne, contre le gros de l'armée française au sud. Göring assure par ailleurs que la Luftwaffe peut, à elle seule, anéantir la poche.
Le commandement allemand doit trancher. Arrêter les blindés pour les préserver et confier la destruction de la poche à l'aviation et à l'infanterie. Lancer immédiatement les Panzers à l'assaut du port pour interdire toute évacuation. Ou adopter une solution intermédiaire, en resserrant prudemment l'étau. La décision pèsera sur le sort de centaines de milliers de soldats alliés encerclés.
Le commandement allemand doit-il arrêter les Panzers devant Dunkerque, les lancer à l'assaut, ou resserrer prudemment l'étau ?
Hitler, confortant une suggestion de Rundstedt, choisit A : le fameux « ordre d'arrêt » (Haltbefehl) du 24 mai immobilise les Panzers plusieurs jours devant Dunkerque. Ce répit permet aux Alliés d'organiser une défense et de lancer l'opération Dynamo : près de 338 000 hommes (britanniques et français) seront évacués vers l'Angleterre entre le 26 mai et le 4 juin. La Luftwaffe, gênée par le mauvais temps et la RAF, ne parvient pas à empêcher le rembarquement. L'ordre d'arrêt reste l'une des décisions les plus débattues de la guerre : il sauve l'armée britannique et, à terme, la capacité du Royaume-Uni à poursuivre le combat.









