Au début de 1941, l'Allemagne prépare l'invasion de la Grèce (opération Marita) et veut faire passer ses armées par les Balkans. La Bulgarie du tsar est sur le chemin : voisine de la Roumanie déjà occupée, de la Grèce et de la Yougoslavie, elle est courtisée par Berlin, qui masse des troupes en Roumanie et construit des ponts sur le Danube.
, souverain prudent et manœuvrier, redoute autant l'Allemagne que les réactions de ses voisins et de l'URSS. Il convoite cependant des territoires perdus — la Macédoine, l'accès à la mer Égée — que Hitler fait miroiter. La pression devient irrésistible quand les premières unités allemandes franchissent le Danube.
Le tsar doit trancher entre des options lourdes de conséquences : adhérer ouvertement au Pacte tripartite et ouvrir le pays aux armées allemandes, au risque d'entraîner la Bulgarie dans la guerre ; refuser et s'exposer à une occupation de force, comme la Roumanie ; ou tenter une neutralité armée intenable, coincée entre les belligérants. Dans ses tractations avec Berlin, l'entrée préalable de troupes allemandes et la garantie de gains territoriaux figurent parmi les conditions débattues.
Boris III doit-il faire entrer la Bulgarie dans l'Axe ?
choisit A. Le 1er mars 1941, la Bulgarie signe son adhésion au Pacte tripartite lors d'une cérémonie à Vienne, et la du général List entre aussitôt sur son territoire pour gagner la frontière grecque. La Bulgarie obtiendra une part de la Macédoine et de la Thrace au dépens de la Yougoslavie et de la Grèce vaincues, mais évitera d'engager ses propres troupes contre les Soviétiques. mènera ensuite une politique d'équilibriste, refusant de déporter les Juifs de la Bulgarie proprement dite — fait notable —, tout en livrant ceux des territoires annexés. Il meurt subitement en août 1943 au retour d'une entrevue avec Hitler, dans des circonstances qui nourriront longtemps les soupçons d'empoisonnement.









