Depuis novembre 1939, l'URSS — alors liée à l'Allemagne par le pacte germano-soviétique — a envahi la Finlande (« guerre d'Hiver »). La résistance acharnée des Finlandais, qui infligent de lourdes pertes à l', soulève l'admiration et l'émotion en Occident. À Paris et Londres, on envisage d'envoyer un corps expéditionnaire au secours d'Helsinki.
Le calcul est ambigu. Aider la Finlande satisferait l'opinion et permettrait, au passage, de couper l'Allemagne du fer suédois transitant par la Norvège — un objectif stratégique réel. Mais l'expédition entraînerait la France et le Royaume-Uni dans une guerre simultanée contre l'URSS, en plus de l'Allemagne, et passerait par la Norvège et la Suède, pays neutres peu disposés à laisser transiter des troupes.
Les Alliés doivent décider. Monter une expédition vers la Finlande, à travers la Scandinavie. S'abstenir pour ne pas ouvrir un second front contre l'URSS. Ou se limiter à une aide matérielle (armes, volontaires) sans engager de troupes. Le risque est de se disperser, ou au contraire de manquer une occasion stratégique.
Les Alliés doivent-ils envoyer un corps expéditionnaire en Finlande, s'abstenir, ou se limiter à une aide matérielle ?
Les Alliés s'orientent vers A mais sont pris de vitesse : un corps expéditionnaire est préparé début 1940, surtout intéressé par le contrôle du fer suédois via Narvik. Mais la Norvège et la Suède refusent le passage, et la Finlande capitule devant l'URSS dès le 12 mars 1940, rendant l'expédition sans objet. L'épisode déstabilise le gouvernement Daladier, qui tombe. Le projet scandinave ne disparaît pas pour autant : il rebondit sur la Norvège et le fer de Narvik, théâtre d'une campagne en avril-mai 1940. L'affaire finlandaise illustre la tentation alliée de chercher des fronts périphériques faute d'offensive sur le front principal.









