Le projet d'attaque de Narvik et des mines de fer
L'industrie de guerre allemande dépend largement du minerai de fer suédois, qui transite l'hiver par le port norvégien de Narvik et longe la côte neutre de la Norvège. , Premier Lord de l'Amirauté, est convaincu que couper cette voie porterait un coup sérieux à l'effort de guerre du Reich.
Le problème est la neutralité norvégienne. Miner les eaux côtières ou débarquer à Narvik violerait la souveraineté d'un pays neutre, au risque de heurter l'opinion et de pousser la Norvège dans les bras de l'Allemagne. Mais attendre, c'est laisser le fer alimenter les usines allemandes.
Churchill peut forcer le passage : miner les eaux norvégiennes et préparer un débarquement à Narvik, au mépris de la neutralité. Respecter strictement la neutralité norvégienne et chercher d'autres moyens de pression. Ou tenter d'obtenir l'accord de la Norvège, peu probable. Le risque est de provoquer une réaction allemande préventive en Scandinavie — précisément ce que Berlin envisage de son côté.
Churchill doit-il miner les eaux norvégiennes et viser Narvik, respecter la neutralité, ou négocier avec Oslo ?
Churchill obtient l'aval pour A : début avril 1940, la Royal Navy mine les eaux norvégiennes (opération Wilfred) et un débarquement est préparé. Mais l'Allemagne, qui redoute exactement cette manœuvre, prend les Alliés de vitesse : le 9 avril 1940, elle envahit le Danemark et la Norvège (opération Weserübung). S'ensuit la campagne de Norvège, où les Alliés reprennent un temps Narvik avant de devoir évacuer en juin, happés par l'effondrement du front de France. L'affaire scandinave précipite aussi la chute de Chamberlain et l'arrivée de Churchill au poste de Premier ministre, le 10 mai 1940 — le jour même de l'offensive à l'Ouest.









