Habbaniya — la guerre anglo-irakienne
Début avril 1941, un coup d'État porte au pouvoir en Irak et les officiers nationalistes du « Carré d'or », hostiles à la présence britannique et favorables à un rapprochement avec l'Axe. L'enjeu est immense : l'Irak et son pétrole, et la route terrestre vers l'Inde. Berlin, accaparé par les Balkans et la préparation de Barbarossa, promet une aide aérienne acheminée via la Syrie de Vichy.
Les Britanniques tiennent par traité la grande base aérienne de Habbaniya, à l'ouest de Bagdad — mais c'est avant tout une école de pilotage, dotée d'appareils obsolètes et entourée d'un simple grillage, où sont enfermés quelque 2 200 militaires et 9 000 civils. Le 30 avril, l'armée irakienne occupe le plateau qui domine la base et somme les Britanniques de cesser tout vol.
Le commandant de la base, l'air vice-marshal , est sommé de choisir : se soumettre à l'ultimatum irakien et clouer ses avions au sol, en espérant une issue diplomatique ; tenter une sortie terrestre pour rompre l'encerclement ; ou frapper le premier, par une attaque aérienne préventive contre les troupes irakiennes massées sur le plateau, au risque d'allumer ouvertement la guerre.
Face à l'ultimatum irakien, que doit faire le commandant de Habbaniya ?
Smart choisit C. À l'aube du 2 mai 1941, les avions-écoles de Habbaniya, pilotés par instructeurs et élèves, bombardent les positions irakiennes du plateau ; la guerre anglo-irakienne est déclenchée. Malgré leur matériel vétuste, les Britanniques infligent de lourdes pertes aux colonnes irakiennes prises à découvert et brisent le siège ; des renforts venus de Palestine (colonne « Habforce ») achèvent la campagne. Rashid Ali s'enfuit fin mai, le régent pro-britannique est rétabli, et la maigre aide aérienne allemande arrive trop tard et en trop petit nombre. La victoire sécurise le pétrole irakien et les arrières britanniques du Moyen-Orient, et précipitera bientôt l'intervention alliée contre la Syrie de Vichy, base de transit de l'Axe.









