Le béton du Reich face à la mer
Fin 1941, le commandement allemand redoute un débarquement allié sur les côtes occidentales de l'Europe. Le 14 décembre 1941, un ordre de l'OKW signé Keitel réclame un « nouveau mur de l'Ouest » : un chantier titanesque le long de milliers de kilomètres de littoral, de la Norvège à la frontière espagnole.
, à la tête de l'Organisation Todt, hérite du défi en plein hiver. Le béton, l'acier et surtout les bras manquent : des centaines de milliers d'Allemands sont déjà mobilisés sur le front et dans l'industrie.
Devant l'ampleur de l'ouvrage, plusieurs voies s'ouvrent pour réunir la main-d'œuvre nécessaire et tenir les délais imposés par Berlin.
Pour bâtir ce rempart côtier dans l'urgence, sur quelle main-d'œuvre l'Organisation Todt doit-elle s'appuyer ?
L'Organisation Todt recourut massivement à la main-d'œuvre forcée et aux prisonniers : au plus fort des travaux, environ 1,4 million de travailleurs furent employés, dont des centaines de milliers de requis venus des pays occupés, notamment plus d'un demi-million de Français. Le projet, formalisé par la directive n° 40 d'Hitler le 23 mars 1942, donna naissance au « mur de l'Atlantique ». Malgré l'objectif de 15 000 ouvrages, les pénuries de matériaux et de personnel firent que seule une fraction fut achevée avant le débarquement de 1944.









