La production d'aluminium repose sur la cryolithe, un minéral rare dont le seul gisement naturel majeur au monde se trouve à Ivigtut, sur la côte ouest du Groenland, alors colonie danoise. Sans elle, les fonderies américaines tournent au ralenti.
À l'automne 1939, les stocks américains ne couvrent que quelques mois de production. La guerre vient d'éclater en Europe et le Danemark est exposé : un blocus naval ou une occupation couperait la route du minéral du jour au lendemain.
Il faut décider vite, sans certitude sur la durée du conflit ni sur le sort du Danemark. Faut-il miser sur le minéral groenlandais, parier sur la chimie, ou disperser le risque à travers le monde ?
Comment sécuriser l'approvisionnement américain en cryolithe à l'automne 1939 ?
Les États-Unis privilégient la sécurisation directe du minéral groenlandais : des accords sont passés pour acheter la cryolithe d'Ivigtut et constituer des stocks de sécurité. Après l'invasion du Danemark en avril 1940, Washington place de fait le Groenland sous protection (accord de 1941 négocié avec le ministre danois ) et garde la mine en activité tout au long de la guerre. Les recherches sur la cryolithe de synthèse sont menées en parallèle et aboutiront plus tard, mais c'est bien le stock physique constitué dès 1939-1940 qui permet de tenir.
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