Opel sous le Reich en guerre : que fait General Motors ?
Depuis 1929, le constructeur General Motors possede Adam Opel AG, premier fabricant automobile d'Europe, dont l'usine de Russelsheim et le site de camions de Brandebourg-sur-la-Havel approvisionnent desormais la Wehrmacht en Opel Blitz. Le declenchement de la guerre en Europe en septembre 1939, puis l'arret de la production civile, placent les dirigeants americains dans une situation explosive : leur entreprise detenue depuis Detroit travaille pour la machine de guerre allemande.
Les cadres americains installes a la tete d'Opel rendent compte de plus en plus difficilement a New York, et leur presence aux commandes d'une usine d'armement du Reich devient politiquement intenable. Au printemps 1940, au moment de publier le rapport annuel de l'exercice 1939, la direction de GM doit trancher sur le degre de controle qu'elle entend exercer sur sa filiale.
Face a sa filiale allemande engagee dans l'effort de guerre du Reich, quelle ligne la direction de General Motors adopte-t-elle ?
GM choisit la voie intermediaire (option B). Le rapport annuel publie en avril 1940 annonce que la societe a 'retire le personnel americain jusqu'ici en charge de la direction' et confie l'administration a des ressortissants allemands ; en juin 1940 les conseils sont reorganises ( et passent du directoire au conseil de surveillance). Mais GM conserve la totalite des actions a droit de vote et reste represente par deux administrateurs americains : le controle juridique demeure a Detroit. Ce n'est qu'en novembre 1942, apres l'entree en guerre des Etats-Unis, qu'Opel passe sous l'autorite du commissaire aux biens ennemis du Reich, devenant administrateur-sequestre. GM ne reprendra le controle effectif qu'apres 1945.









