Le minerai de Shinkolobwe — un industriel belge face à l'uranium du Congo
Au printemps 1939, , qui dirige l'Union Minière du Haut-Katanga, reçoit à Londres la visite de Sir . Le scientifique britannique lui demande une option sur tout le minerai d'uranium et de radium extrait de la mine de Shinkolobwe, au Congo belge — la plus riche du monde. Sengier refuse de signer, mais retient l'avertissement : ce minerai pourrait être « une catastrophe » s'il tombait entre de mauvaises mains.
Quelques mois plus tard, l'Allemagne envahit la Pologne et la guerre commence. Bruxelles n'est qu'à quelques heures de route des armées allemandes. L'Union Minière détient des stocks considérables de minerai et de radium, en partie déjà raffinés à l'usine d'Oolen, en Belgique même, et de vastes réserves dormantes au Congo.
Sengier doit décider que faire de ce trésor stratégique alors que personne, à ce stade, ne sait encore ce que vaut vraiment l'uranium.
À l'automne 1939, alors que la guerre éclate, que fait Edgar Sengier des stocks d'uranium de l'Union Minière ?
Sengier choisit de mettre les stocks à l'abri. Avant de quitter Bruxelles pour New York en octobre 1939, il fait expédier vers les États-Unis et le Royaume-Uni le radium disponible (environ 120 grammes) et les minerais d'uranium entreposés à l'usine d'Oolen. En septembre-octobre 1940, craignant l'invasion du Congo, il fait acheminer discrètement plus de 1 250 tonnes de minerai d'uranium de Shinkolobwe vers New York, où elles sont stockées dans un entrepôt de Staten Island. Ce stock deviendra une source essentielle pour le projet Manhattan américain.









