Leningrad : la première glace sur le Ladoga
Leningrad est encerclée depuis le 8 septembre 1941 ; l'incendie des entrepôts Badaïev a englouti une partie des vivres. Le 20 novembre, la ration de pain tombe à 125 grammes par jour pour les non-travailleurs — un pain coupé de cellulose. Près de 2,5 millions de civils sont pris au piège, et l'hiver s'installe.
La seule issue passe par le lac Ladoga. Le 22 novembre 1941, les premiers camions s'aventurent sur la glace à peine formée : c'est la « route de la vie ». Le passage est meurtrier — la glace cède sous le poids, l'aviation allemande mitraille, le froid tue.
Pour une mère, chaque option est un pari : confier ses enfants à la glace périlleuse, ou garder la famille soudée en ville en espérant que le siège se lève.
Alors que la route de la glace s'ouvre, cette mère doit-elle évacuer ses enfants sur le lac gelé, rester soudée en ville, ou tenter de sortir à pied ?
La route de la glace, ouverte le 22 novembre 1941, devint le cordon ombilical de la ville : sur l'ensemble du siège, près de 1,3 million de personnes furent évacuées et un filet de vivres acheminé. Mais l'hiver 1941-1942 tua jusqu'à 100 000 personnes par mois ; au total, le siège fit de 800 000 à un million de morts, surtout par la faim. Partir tôt sur le Ladoga offrit aux enfants la meilleure chance de survie.









