Metaxas et les bases britanniques — Athènes, novembre 1940
Le général , président du Conseil et homme fort autoritaire de la Grèce depuis 1936, vient de refuser l'ultimatum italien : son pays est en guerre contre l'Italie depuis le 28 octobre 1940. À la surprise générale, l'armée grecque tient et rejette bientôt les divisions de Mussolini en Albanie.
Cette résistance fait de la Grèce un allié soudain précieux pour Londres. La Grande-Bretagne y voit surtout une occasion stratégique : installer des escadrilles de la RAF sur le sol grec, près de Salonique, mettrait les champs pétrolifères roumains de Ploiești — vitaux pour le Reich — à portée de bombardement. Des escadrilles britanniques sous les ordres de l'Air Commodore d'Albiac arrivent dès novembre 1940.
Mais Metaxas calcule au plus juste. Il est convaincu que son armée peut venir à bout des Italiens ; il l'est beaucoup moins de pouvoir tenir contre la Wehrmacht. Une présence aérienne britannique avancée vers le nord pèserait sur l'équilibre fragile que Berlin observe encore. La question décisive porte sur l'emploi de ces escadrilles : Metaxas acceptera-t-il des bases au nord, vers Salonique et la frontière bulgare, ou en limitera-t-il le déploiement ?
Alors que Londres réclame des bases vers Salonique, que décide Metaxas ?
Metaxas choisit B. Il accepte une aide aérienne limitée mais refuse les bases avancées vers Salonique et la frontière bulgare, redoutant de fournir aux Allemands le motif d'une invasion : des bases britanniques trop faibles pour repousser une offensive allemande suffiraient, selon lui, à donner à Berlin le prétexte d'envahir la Grèce et de protéger ses pétroles. Il préfère même affronter les Italiens sans corps expéditionnaire terrestre britannique, persuadé qu'une aide trop visible et trop faible « provoquerait une attaque allemande sans être assez forte pour la repousser ». Sa prudence retarde l'intervention de la Wehrmacht, mais ne l'évite pas : Metaxas meurt le 29 janvier 1941, et son successeur Korizis refuse encore les bases de Salonique. Lorsque les Britanniques débarquent finalement des troupes au printemps 1941, c'est exactement le prétexte qu'attendait Hitler : l'opération Marita écrase la Grèce en avril 1941.









