Pajari à Tolvajärvi — 12 décembre 04h00
Du 30 novembre au 11 décembre 1939, l'Armée rouge avance partout. En Carélie nord, la (général Beljaev) pénètre profondément depuis Petrozavodsk vers le sud-ouest, en direction de Joensuu, à travers les forêts gelées. Sa colonne motorisée, forte de 20 000 hommes, de 45 chars et de 60 canons, n'a pas rencontré de résistance significative. Au 11 décembre, elle est à Tolvajärvi, à 80 km à l'intérieur du territoire finlandais.
Face à cette percée, l'état-major finlandais (général Öhquist) doit improviser. Il confie le commandement d'un Groupe de Bataille mixte — environ 4 200 hommes recrutés à la hâte (, un bataillon de réservistes, deux compagnies de skis) — au lieutenant-colonel , 42 ans, ancien officier de cavalerie. Mission : stopper la . Rapport de force : un contre cinq.
Pajari analyse rapidement la situation. La colonne soviétique est étirée sur 35 km de route forestière, ses unités isolées les unes des autres par les forêts et les lacs gelés. Les Finlandais maîtrisent le terrain, le ski et le combat à -30°C. La doctrine motti (« buchette »), consistant à isoler de petits groupes ennemis pour les anéantir un par un, peut s'appliquer. Mais elle exige une mobilité que la fatigue (les hommes ont marché 200 km en 3 jours) et le moral (premier engagement majeur de la guerre) peuvent compromettre.
Comment Pajari engage-t-il son groupe de bataille le 12 décembre ?
Pajari applique B. Le 12 décembre 1939 à 04h00, les compagnies finlandaises sortent des forêts par les deux flancs, à -28°C. Les unités soviétiques en bivouac sont surprises : les feux de camp servent de cibles parfaites pour les Suomi KP/-31 et les fusils Mosin-Nagant des Finlandais. La éclate en groupes isolés. Pajari dirige personnellement les attaques jusqu'à l'épuisement total — il fait deux crises cardiaques sur le terrain mais refuse l'évacuation. Au 23 décembre 1939, le bilan tactique est sans appel : les Finlandais ont perdu 939 hommes entre tués et blessés, quand les Soviétiques en comptent 5 000 tués, blessés ou disparus, auxquels s'ajoutent 600 prisonniers, 60 chars détruits ou capturés et 30 canons capturés. La est anéantie. C'est la première grande victoire finlandaise de la Guerre d'Hiver. Beljaev est limogé puis exécuté à Moscou en janvier 1940. Pajari est promu colonel, mais sa santé est ruinée — il meurt d'une crise cardiaque en juillet 1949. Le succès de Tolvajärvi devient le modèle tactique pour les autres victoires finlandaises.









