Crimée, décembre 1941 : le pari amphibie soviétique
Le général reçoit de la Stavka une mission sans précédent : frapper les arrières de la 11e armée de von pour sauver , dernier bastion soviétique de , dont les défenseurs repoussent depuis des semaines des assauts incessants. La ville tient encore, mais ses réserves de munitions et d'hommes s'épuisent à un rythme qui ne laisse que quelques semaines avant l'effondrement. Kozlov doit agir vite, avec ce qu'il a.
Ses moyens sont redoutables sur le papier — plusieurs divisions, des destroyers, des transports — mais la mer Noire en décembre est une autre affaire. Les tempêtes hivernales transforment le détroit de en piège, les équipages n'ont jamais conduit une opération amphibie de cette envergure, et les points de débarquement sont défendus par des unités allemandes et roumaines retranchées. Lancer un assaut de grande ampleur à et pourrait ouvrir un nouveau front qui contraint à diviser ses forces — ou aboutir à un désastre naval avant même que les soldats touchent le rivage. En revanche, se cantonner à des raids côtiers de diversion préserverait l'outil militaire sans rien résoudre pour , tandis que concentrer toute la flotte sur le ravitaillement direct de la ville gagnerait du temps sans jamais briser l'encerclement.
Kozlov sait que Moscou exige une action décisive et que chaque jour perdu rapproche de la capitulation. Le choix qu'il va faire dans les prochaines heures engagera des milliers d'hommes sur une mer déchaînée, en plein hiver, sans filet de sécurité.
Kertch et Feodossia, 26 décembre 1941, commandant le front de Transcaucasie : quelle manoeuvre Kozlov doit-il ordonner pour desserrer l'étau allemand sur Sébastopol ?
Kozlov lance le débarquement les 26-29 décembre 1941. Dans une mer déchaînée et par des températures glaciales, les troupes soviétiques subissent des pertes sévères mais prennent pied à et . , contraint de retirer des forces du siège, suspend son assaut sur : la ville gagne plusieurs mois de sursis. C'est le plus grand débarquement amphibie soviétique de la guerre à cette date. Cependant, la tête de pont est mal exploitée tout l'hiver. Au printemps 1942, l'opération de écrase le front de en onze jours : plus de 170 000 soldats soviétiques sont capturés, et tombe finalement en juillet 1942.
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