Crimée, décembre 1941 : le dilemme de Manstein
Le général est convaincu, fin décembre 1941, de tenir la victoire à portée de main. Après des semaines d'assauts meurtriers, ses divisions ont entamé l'enceinte de et la chute de la forteresse soviétique lui paraît imminente. Il suffirait, croit-il, de quelques jours supplémentaires pour que la ville capitule et libère toute la pour d'autres missions.
Mais le 26 décembre, les Soviétiques ont brisé la logique de l'opération en débarquant en force à , puis à , à 250 kilomètres dans ses arrières. Ces têtes de pont, encore fragiles, grossissent heure après heure. Si elles se consolident, elles couperont les lignes d'approvisionnement de la et menaceront de la prendre en tenaille entre les garnisons de et les forces fraîches qui débarquent à l'est. Manstein dispose de trop peu de divisions pour tenir deux fronts à pleine intensité.
Il doit trancher sans délai : suspendre l'assaut final sur et retourner ses unités vers l'est pour étouffer la tête de pont de tant qu'elle reste vulnérable ; maintenir coûte que coûte la pression sur en espérant qu'elle cède avant que le péril à l'est ne devienne mortel ; ou bien abandonner l'offensive et replier la sur des positions défensives pour stabiliser l'ensemble du front de .
Crimée, 29 décembre 1941, commandant la 11e armée : que fait Manstein face au débarquement soviétique dans ses arrières ?
Manstein suspend l'assaut sur et retourne ses forces contre les têtes de pont soviétiques. Ce choix accorde à un sursis de six mois. Au printemps 1942, l'opération anéantit la poche de en dix jours. Manstein revient ensuite réduire , qui tombe le 4 juillet 1942. L'épisode illustre le dilemme classique de l'assiégeant pris à revers : lâcher sa proie certaine pour éviter d'être encerclé.
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T10-035