Le dernier carré sur la Lys
Refoulée vers l'ouest de la Flandre, l'armée belge engage, fin mai 1940, une grande bataille défensive sur la Lys, autour de Courtrai. C'est là que se joue la tenue de son front, alors que les Alliés évacuent à Dunkerque tout proche et que la pression allemande devient écrasante.
Le commandement belge est pris en tenaille. Tenir la Lys protège le flanc gauche du dispositif allié et couvre l'évacuation, mais épuise une armée à bout de souffle, sans réserves ni profondeur. Céder, c'est ouvrir une brèche vers la côte et précipiter l'effondrement.
Le commandement peut tenir la Lys coûte que coûte pour couvrir le flanc allié et l'évacuation. Mener une défense en retrait pour préserver l'armée. Ou reconnaître que la capitulation approche, faute de pouvoir tenir une ligne continue. Ce combat s'annonce comme l'une des grandes épreuves de la campagne des 18 jours, et peut-être la dernière de l'armée belge.
Le commandement belge doit-il tenir la Lys coûte que coûte, défendre en retrait, ou se résoudre à la capitulation ?
L'armée belge livre A : du 24 au 27 mai, elle se bat avec acharnement sur la Lys, autour de Courtrai, dans l'une des batailles les plus meurtrières de la campagne des 18 jours, fixant des forces allemandes et couvrant le flanc gauche de l'évacuation de Dunkerque. Mais, épuisée, sans réserves, repoussée sur un espace de plus en plus réduit, elle ne peut tenir indéfiniment. L'usure de la bataille de la Lys conduit à la capitulation du 28 mai. Ce dernier combat, souvent éclipsé par la polémique sur la reddition, témoigne de la résistance réelle de l'armée belge jusqu'au bout — et du prix payé pour couvrir le rembarquement allié.









