Corap sur la Meuse
La du général tient le secteur de la Meuse entre Sedan et Dinant — précisément là où les têtes de pont allemandes (Guderian, Reinhardt, Rommel) viennent de se constituer. Composée pour partie d'unités de réserve de second rang, étirée sur un large front réputé peu menacé, elle est frappée de plein fouet par la percée.
Sous les coups conjugués des blindés et de la Luftwaffe, le front se disloque. Corap doit réagir vite. Tenter une contre-attaque d'ensemble pour réduire les têtes de pont avant qu'elles ne fusionnent. Ordonner un repli général pour reconstituer une ligne en arrière. Ou tenir sur place en colmatant les brèches au coup par coup.
Le temps joue contre lui : chaque heure, les Panzers élargissent les brèches et s'enfoncent. Une décision trop lente ou mal exécutée transformerait la rupture locale en débâcle d'armée entière, ouvrant la route de la Manche. Corap dispose de peu de réserves mobiles et d'informations fragmentaires sur l'ampleur réelle de la percée.
Corap doit-il contre-attaquer les têtes de pont, ordonner un repli général, ou tenir sur place en colmatant ?
Faute de réserves et devant la rapidité de la percée, la glisse vers B dans le désordre : le repli, mal coordonné et précipité par l'avance allemande, tourne à l'effondrement. En quelques jours, la cesse d'exister comme force organisée, ouvrant une brèche béante par laquelle les blindés filent vers l'ouest. Corap est limogé dès le 15 mai et remplacé par Giraud (lui-même bientôt capturé). L'effondrement de la , troupe mal dotée placée sur l'axe le plus dangereux, est l'un des tournants de la campagne : il transforme la percée de la Meuse en rupture stratégique irrémédiable. Corap servira de bouc émissaire d'un désastre aux causes bien plus profondes.









