Flavion — la 1re division cuirassée
Après la percée de la Meuse, la () française, l'une des plus puissantes unités blindées alliées, est lancée pour contrer la poussée de Rommel et Hoth vers l'ouest. Mais ses lourds chars B1 bis, redoutables au combat, sont des dévoreurs de carburant et doivent être ravitaillés fréquemment.
Le 15 mai, près de Flavion, la division est surprise en plein ravitaillement, une partie de ses chars immobilisés, réservoirs vides, au moment même où surgissent les Panzers allemands. C'est le cauchemar de tout commandant de blindés : être pris à l'arrêt, sans carburant, par un ennemi mobile.
Le général Bruneau peut tenter de livrer bataille immédiatement avec les chars disponibles, en sacrifiant ceux qui sont à sec. Décrocher pour regrouper et ravitailler la division avant de combattre, en abandonnant du terrain. Ou disperser ses chars pour les soustraire à la destruction. L'autonomie limitée et la logistique défaillante du B1 bis, conjuguées à la rapidité allemande, placent une excellente unité dans une situation désespérée.
Le général doit-il livrer bataille immédiatement, décrocher pour ravitailler, ou disperser ses chars ?
La est contrainte à un mélange de A et C dans des conditions catastrophiques : surprise en plein ravitaillement à Flavion, une partie de ses chars à sec, elle est largement détruite le 15 mai par les Panzers de Rommel et Hoth. Ses B1 bis, pourtant quasi invulnérables au combat frontal, sont perdus faute de carburant et de coordination, non par infériorité technique. Le désastre de Flavion illustre crûment les carences logistiques et doctrinales françaises : d'excellents chars, mais une autonomie réduite, un ravitaillement défaillant et un emploi inadapté face à un adversaire qui a fait de la mobilité et de la logistique des atouts maîtres. Une bonne division anéantie sans avoir pu donner sa pleine mesure.









