La position fortifiée de Namur
Comme Liège, Namur est protégée par une ceinture de forts modernisés, à la charnière de la Meuse et de la trouée de Gembloux. Dans le dispositif allié, la position de Namur fait le lien entre les armées françaises de la Dyle au nord et le secteur de la Meuse au sud — précisément là où la percée allemande va se faire sentir.
Le commandement doit décider de l'emploi de la position. Tenir fermement Namur et ses forts pour assurer la charnière du front allié et retarder l'ennemi. Mener une défense souple, en se repliant pour ne pas être encerclé comme en 1914. Ou évacuer rapidement la région pour préserver les troupes mobiles.
Le commandement peut tenir la position de Namur comme verrou de la charnière alliée, se replier pour éviter l'encerclement à mesure que le front cède au sud, ou abandonner d'emblée les forts pour concentrer l'effort ailleurs. L'effondrement de la française sur la Meuse, juste au sud, rend la position de plus en plus exposée et menace de tourner tout le dispositif.
Le commandement doit-il tenir la position de Namur, se replier pour éviter l'encerclement, ou l'abandonner d'emblée ?
Le commandement penche vers B pour les troupes de campagne, tout en laissant les forts de Namur résister : après le repli des armées alliées contraint par l'effondrement de la Meuse au sud, les forts de la position de Namur, isolés, tiennent quelques jours avant de tomber autour du 18-23 mai 1940. Comme à Liège, la défense de campagne se dérobe pour ne pas être encerclée, laissant les ouvrages à un combat solitaire. La chute rapide de la charnière de Namur, conséquence de la rupture survenue plus au sud, contribue à la désagrégation du front allié en Belgique. Namur illustre, une fois encore, l'impuissance des fortifications fixes face à une percée mobile décidée ailleurs.









