Le lieutenant-général , héros néo-zélandais de la Grande Guerre, commande la défense de la Crète : un ensemble disparate de troupes britanniques, néo-zélandaises, australiennes et grecques, épuisées par l'évacuation de Grèce, à court d'artillerie, de chars et surtout d'aviation. Grâce à Ultra, il sait qu'un assaut aéroporté allemand vise les aérodromes du nord.
Mais le renseignement est ambigu, et Freyberg redoute aussi un débarquement maritime. Le 20 mai, les parachutistes allemands subissent des pertes terribles ; au soir, la situation est critique pour les assaillants. L'aérodrome de Maleme, à l'extrémité ouest, est tenu par un bataillon néo-zélandais sur la hauteur clé, la cote 107, qui domine la piste.
Dans la nuit du 20 au 21 mai, le commandant local, mal renseigné sur la situation d'ensemble et craignant d'être débordé, envisage de retirer son bataillon de la cote 107. C'est le point de bascule : tenir coûte que coûte la hauteur qui interdit aux Allemands d'utiliser la piste pour poser des renforts ; se replier pour préserver l'unité et réorganiser une ligne en retrait ; ou lancer aussitôt une contre-attaque pour rejeter les paras avant qu'ils ne se renforcent.
Que faire de la cote 107 qui domine l'aérodrome de Maleme ?
Faute de communications claires et craignant l'encerclement, le bataillon néo-zélandais se replie de la cote 107 (B) dans la nuit. Les Allemands s'en emparent et, dès le lendemain, peuvent poser des avions de transport sur Maleme malgré les tirs : un flot ininterrompu de renforts de la bascule le sort de la bataille. Les contre-attaques alliées tardives échouent. La perte de Maleme, sur un malentendu et une décision locale prise dans le brouillard de la guerre, transforme un désastre allemand en victoire. La Crète est évacuée fin mai ; la Royal Navy paie très cher la couverture du retrait sous les bombes. La bataille montre combien, même avec le renseignement d'Ultra, l'issue tient à la transmission des ordres et aux décisions d'un instant.









