Morshead — Tobrouk encerclée, 10 avril
L'offensive de Rommel a balayé la Cyrénaïque, mais le port de Tobrouk, conquis par les Australiens en janvier, reste aux mains des Alliés au cœur du territoire reconquis par l'Axe. Sa garnison — la et des unités britanniques, sous le major-général — s'y trouve désormais encerclée. Or Tobrouk est vital : seul grand port entre Benghazi et l'Égypte, il prive Rommel d'une base avancée et menace ses lignes de ravitaillement s'il pousse vers le canal de Suez.
Wavell a ordonné de tenir la place. Morshead dispose de défenses italiennes améliorées — double anneau de points d'appui, fossés, champs de mines — et de l'appui de la Royal Navy, qui peut ravitailler le port par mer sous les bombes. Mais ses hommes sont épuisés par la retraite, l'eau est rare, et Rommel, grisé par son avance, veut enlever Tobrouk d'un coup pour ouvrir sa route.
Morshead doit fixer la doctrine de la défense : tenir une ligne fixe et passive en attendant les secours ; mener une défense agressive, multipliant patrouilles et contre-attaques pour user l'assaillant et lui interdire toute initiative ; ou se préparer à une éventuelle évacuation par mer si la pression devient intenable.
Comment Morshead doit-il défendre Tobrouk encerclée ?
Morshead impose B, résumé par sa formule restée célèbre : « il n'y aura ni reddition ni retraite ». Ses Australiens — bientôt surnommés les « rats de Tobrouk » par la propagande allemande, sobriquet qu'ils adoptent fièrement — repoussent les assauts blindés de Rommel des 11-14 avril, puis multiplient les coups de main nocturnes qui interdisent à l' toute tranquillité. Tobrouk tiendra 241 jours, ravitaillée par la Royal Navy au prix de lourdes pertes, jusqu'à sa libération en décembre 1941. Le siège fixe une partie des forces de Rommel, le prive du port dont il a besoin et freine sa poussée vers l'Égypte. Tobrouk devient un symbole majeur de la résistance alliée et de la ténacité australienne.









