O'Connor — perdu de nuit près de Mechili
Vainqueur de l'opération Compass, le général avait été relevé de son commandement de campagne et envoyé se reposer en Égypte. Quand l'offensive surprise de Rommel jette en quelques jours les forces britanniques dans le chaos en Cyrénaïque, Wavell le renvoie d'urgence au front — non pour reprendre le commandement, confié au général Neame, mais comme conseiller, en raison de sa connaissance du terrain.
La situation se dégrade vite : les colonnes allemandes percent, prennent Mechili, et la chaîne de commandement britannique se disloque dans un désert mal cartographié, de nuit, au milieu d'unités en retraite. O'Connor et Neame, circulant en voiture entre les états-majors, se retrouvent isolés, sans escorte, dans une zone où l'avant-garde ennemie s'est déjà infiltrée.
Dans la nuit du 6 au 7 avril, leur véhicule s'égare. Le général le plus expérimenté du désert se trouve devant un choix banal en apparence mais lourd de conséquences : pousser dans l'obscurité pour rejoindre au plus vite un état-major et tenter de rétablir la situation ; s'arrêter et attendre le jour pour s'orienter sûrement ; ou rebrousser chemin vers l'arrière, plus sûr mais loin du commandement.
Que doivent faire O'Connor et Neame, égarés de nuit dans le désert ?
Les généraux poussent dans la nuit (A) — et tombent sur une patrouille de motocyclistes allemands qui les capture, avec le général Combe, artisan de la victoire de Beda Fomm. En une nuit, l' fait prisonniers les principaux chefs alliés du théâtre. La perte d'O'Connor, le meilleur tacticien britannique du désert, est un coup rude : Wavell offrira en vain six généraux italiens en échange. O'Connor passera plus de deux ans en captivité en Italie avant de s'évader en 1943 et de commander un corps en Normandie en 1944. Sa capture, fruit du désordre engendré par l'audace de Rommel, prive les Britanniques d'un chef de premier plan au pire moment, alors que s'ouvre le long siège de Tobrouk.









