Grodno — les harcerze rue Skidelska
Grodno, 60 000 habitants, sur le Niémen, est l'une des plus anciennes villes de la Pologne historique — siège des Sejms du Grand-Duché de Lituanie au XVIe siècle. Au 20 septembre 1939, après l'invasion soviétique du 17, la ville se trouve sans garnison régulière : son régiment d'infanterie (76e), envoyé vers l'ouest, n'est plus disponible. Les autorités civiles — le préfet , le maire — décident d'organiser une défense improvisée avec 200 policiers et gendarmes, 500 cheminots et postiers volontaires, environ 300 harcerze (scouts polonais), garçons et filles de 12 à 17 ans, formés au tir dans le cadre du Junackie Hufce Pracy, et 50 vétérans de la guerre polono-soviétique 1920.
L'armement disponible : fusils Mauser wz. 98 (environ 600), une dizaine de mitrailleuses, des grenades, des cocktails Molotov fabriqués dans la nuit du 19 au 20 dans les caves de l'École technique.
Le 20 septembre à 14h, la du kombrig (une centaine de chars T-26 et BT-7) débouche sur la route de Varsovie. , 13 ans, élève de 6e à l'École Adam Mickiewicz, scout depuis ses 10 ans, est avec son groupe rue Skidelska. Sa « mission » : lancer des cocktails Molotov sur les chenilles des chars soviétiques. Son frère aîné Maciek, 17 ans, est tombé le matin même au pont sur le Niémen. Les adultes locaux doivent trancher rapidement.
Les enfants ont-ils leur place dans le combat ?
Les sources convergent : les scouts polonais ont participé au combat, parmi eux . Le 20 septembre dans la soirée, capturé par une patrouille soviétique, il est selon plusieurs témoignages attaché par les Soviétiques au capot d'un T-26 comme bouclier humain. Le char est touché par un cocktail Molotov, brûle, Tadek meurt dans la nuit du 22-23 septembre dans la chapelle des Bernardines à Grodno. Bilan de la défense de Grodno : environ 250 défenseurs tués (dont 12 scouts identifiés), environ 700 prisonniers exécutés par les Soviétiques dans les jours qui suivent. La ville devient biélorusse en 1991 (Hrodna). Le récit reste un symbole controversé dans la mémoire polonaise — symbole d'héroïsme spontané ou propagande anti-soviétique selon les écoles historiographiques.









