L'invasion de l'Angleterre (Otarie) suppose d'abord d'anéantir la RAF pour obtenir la maîtrise du ciel. La Luftwaffe de Göring lance, à partir du 13 août 1940 — l'« Adlertag », le Jour de l'Aigle —, une offensive aérienne massive pour détruire la chasse britannique : la bataille d'Angleterre.
Reste à choisir la cible prioritaire. Frapper les aérodromes et les radars de la chasse (le Fighter Command) viserait directement la capacité de la RAF à se défendre — c'est l'objectif militairement décisif. Frapper les villes (Londres) terroriserait la population et pourrait briser le moral, mais détournerait l'effort de l'objectif militaire. Disperser les coups affaiblirait l'ensemble.
Le commandement allemand peut concentrer ses frappes sur les aérodromes et radars de la chasse, viser les villes pour briser le moral, ou disperser ses attaques (ports, industries, aérodromes). Le choix de la cible va décider de l'issue de la bataille — et donc de la possibilité même d'envahir l'Angleterre.
La Luftwaffe doit-elle concentrer ses frappes sur la chasse de la RAF, viser les villes, ou disperser ses attaques ?
La Luftwaffe commence par A : durant la bataille d'Angleterre (août 1940), elle pilonne aérodromes et radars du Fighter Command, mettant la RAF sous forte pression. Mais début septembre, en représailles à un raid britannique sur Berlin, Hitler et Göring basculent vers B : le bombardement de Londres (le « Blitz »). Ce report de l'effort des aérodromes vers les villes soulage la chasse britannique au moment critique et lui permet de se rétablir. La RAF n'est pas anéantie ; faute de maîtrise du ciel, l'invasion (Otarie) est ajournée puis abandonnée. Le choix allemand de viser les villes plutôt que d'achever la chasse est souvent considéré comme l'une des erreurs qui firent perdre la bataille d'Angleterre — premier échec stratégique du Reich.









