, 55 ans, ancien chef de cabinet de Clemenceau, fut ministre des Colonies puis de l'Intérieur sous Reynaud. Juif, ennemi déclaré du nazisme — la propagande allemande le désigne nommément comme l'un des « pires » Français —, il avait embarqué sur le Massilia pour continuer la guerre depuis l'Empire. Arrêté à son arrivée à Casablanca le 24 juin, il est transféré à Meknès.
Le résident général au Maroc, le général Noguès, hésite : militaire de carrière, hostile à Vichy mais attaché à la légalité, il subit la pression de Vichy qui réclame le retour de Mandel en métropole. Plusieurs officiers et fonctionnaires proposent à Mandel de l'aider à passer en Algérie puis vers l'Égypte britannique pour rejoindre la lutte.
Le dilemme est tragique : tenter une évasion vers les Français Libres, accepter le retour en France pour combattre légalement de l'intérieur, ou poser un geste public spectaculaire. Mandel, homme d'État chevronné mais isolé, doit choisir alors que l'étau de Vichy se resserre.
Mandel doit-il tenter de s'évader vers les forces alliées ?
Mandel choisit B, par fidélité à la République, par méfiance envers de Gaulle qu'il connaît peu, et par refus de paraître fuir. Il décline l'évasion qu'on lui propose. Extradé en France à l'automne 1940, il est interné (fort du Portalet, puis divers lieux), livré aux Allemands, puis ramené en France en 1944. Le 7 juillet 1944, il est assassiné par la Milice dans la forêt de Fontainebleau. Sa décision d'août 1940 — refuser la clandestinité au nom de la légalité républicaine — illustre le tragique des choix de l'été 1940, où la fidélité aux institutions put conduire au sacrifice.









