Mechelen — Reinberger 10 janvier 11h30
Le 10 janvier 1940 au matin, le major , 36 ans, officier d'état-major de la (Fallschirmjäger, parachutistes), s'apprête à voler en Messerschmitt Bf 108 Taifun de Münster à Cologne, où il doit présenter aux commandants de la (Bock) les plans détaillés de l'opération Fall Gelb dans la version OKH du 19 octobre 1939 — version « Schlieffen 2.0 » prévoyant l'attaque par les Pays-Bas et la Belgique.
Pilote du Bf 108 : major , 47 ans, ancien combattant de la Première Guerre mondiale. Reinberger emporte avec lui ses cartons d'archives militaires (cartes, plans d'opération, ordres détaillés) malgré l'interdiction stricte — pour gagner du temps à Cologne et préparer la conférence du matin suivant. Le temps est mauvais : brouillard épais sur la Ruhr.
Hoenmanns perd ses repères de navigation. À 11h30, son altitude descend dangereusement. Il décide d'atterrir en catastrophe — mais ne sait pas qu'il se trouve 20 km à l'intérieur du territoire belge, près de Mechelen-aan-de-Maas (province du Limbourg belge). L'avion touche le sol durement, sans dégât majeur. Les deux officiers descendent — découvrent qu'ils sont en Belgique. Reinberger réalise immédiatement le désastre potentiel : il porte les plans complets de Fall Gelb sur lui.
Il a au plus quelques minutes avant que les autorités belges n'arrivent. Que faire des documents ?
Que doit faire Reinberger dans les 30 minutes qui suivent l'atterrissage ?
Reinberger applique A — mais trop tard et incomplètement. Il sort un briquet, tente d'incendier les liasses de papier. Mais le brouillard humide et le vent glacial empêchent les flammes de prendre. À ce moment, des gendarmes belges alertés par l'atterrissage forcé arrivent. Reinberger jette les documents partiellement brûlés dans un fossé, tente de les piétiner. Les gendarmes les ramassent — environ 60 % du contenu reste lisible. Reinberger est emmené à la caserne de Maasmechelen, où il tente une deuxième fois de brûler les documents en demandant à se servir du poêle à bois — il y est interrompu par l'adjudant Rodrique. Les documents sont immédiatement transmis à Bruxelles. Le général (chef d'état-major belge) reconnaît la valeur du matériel. est informé ; il alerte Paris et Londres. L'affaire de Mechelen déclenche un séisme stratégique : le commandement allemand suppose que les plans Fall Gelb sont compromis. Hitler ordonne un nouveau report de l'offensive. Le 17 février 1940, Manstein obtient son audience avec Hitler et présente le Sichelschnitt, adopté précisément parce que les plans précédents semblent compromis. L'affaire de Mechelen est ainsi indirectement à l'origine du Sichelschnitt qui mènera à la victoire allemande de mai 1940. Reinberger et Hoenmanns sont internés en Belgique, échangés avec l'Allemagne en mai 1940. Reinberger reprend du service, blessé en Russie en 1942, survit à la guerre.









