Osterkamp ose contredire Göring
, 48 ans, est l'un des très rares aviateurs à avoir été as lors des deux guerres mondiales. Pilote de chasse décoré de 14-18, il a mené la durant la bataille de France, puis vient d'en remettre le commandement à . Le voici Jagdfliegerführer 2, chef de la chasse de la , depuis les terrains du Pas-de-Calais.
Contrairement aux états-majors restés à l'arrière, Osterkamp a volé en personne au-dessus de l'Angleterre durant le Kanalkampf. Il a vu de ses yeux ce que les chiffres officiels nient.
Le 1er août, le Reichsmarschall réunit ses chefs pour lancer l'offensive aérienne contre la Royal Air Force. Devant lui, Osterkamp dispose d'un constat de terrain : il a compté 500 à 700 chasseurs britanniques concentrés autour de Londres, en nombre nettement croissant, et les unités neuves reçoivent toutes des Spitfire qu'il juge de qualité égale à celle des chasseurs allemands. Göring, lui, répète que l'adversaire est exsangue et lâche.
Osterkamp doit décider quoi dire au Reichsmarschall, en face.
Avertissez-vous Göring en face que la RAF est plus forte qu'il ne le croit, ou validez-vous l'optimisme du Reichsmarschall ?
Osterkamp applique A : il dit à Göring qu'il a compté de 500 à 700 chasseurs britanniques autour de Londres, en hausse constante, et que les Spitfire des unités neuves égalent les appareils allemands. Göring balaie tout : selon lui les effectifs britanniques sont laminés, les pilotes anglais sont des lâches, et la supériorité des bombardiers allemands rend la défense adverse dérisoire. Le mépris du renseignement de terrain au profit de rapports flatteurs deviendra l'un des fils rouges de la défaite allemande dans le ciel. Osterkamp reçoit pourtant la Croix de chevalier le 22 août 1940. Surnommé « Onkel Theo » par ses pilotes, il sera plus tard écarté par Göring pour son franc-parler. La RAF, loin de céder, sortira renforcée de l'été.









