Michelin sous l'Occupation : faire tourner les presses ou fermer les portes
À l'été 1940, meurt et la direction de la plus grande entreprise de Clermont-Ferrand passe à son gendre , secondé par . La commission d'armistice fixe alors les quotas de production : la majeure partie des pneumatiques de la firme partira vers l'occupant.
L'usine emploie environ 10 000 personnes. Un arrêt de la production pour refuser de livrer l'occupant signifierait la fermeture des ateliers et le chômage de milliers de familles. Dans le même temps, des réseaux de Résistance se forment parmi les ouvriers, les ingénieurs et jusque dans la famille Michelin elle-même, et réclament le sabotage des installations.
La direction doit trancher entre la continuité de l'outil industriel, la fermeture par refus, et la destruction volontaire réclamée par la clandestinité.
Face aux demandes de pneumatiques imposées par la commission d'armistice et aux appels au sabotage de la Résistance, quelle voie la direction de Michelin doit-elle suivre ?
La direction de Michelin, sous , choisit de poursuivre la production légale de pneumatiques (dont la majeure partie partit vers l'Allemagne via la commission d'armistice) tout en refusant systématiquement de saboter ses propres ateliers comme le demandait la Résistance, afin de préserver l'outil industriel et les emplois. La résistance fut le fait d'initiatives individuelles d'ouvriers, d'ingénieurs et de membres de la famille (, arrêté en juillet 1943 et mort en déportation), et non d'une décision d'entreprise. Faute de sabotage interne, ce sont les Britanniques qui bombardèrent l'usine de Cataroux le 16 mars 1944 pour couper l'approvisionnement allemand.









