Negrín et la chute de Barcelone
Le 26 janvier 1939, Barcelone tombe aux mains des nationalistes de Franco. La Catalogne s'effondre, et près de 450 000 réfugiés — soldats et civils — refluent vers la frontière française dans la débâcle de la Retirada. La République ne tient plus que la zone Centre-Sud, autour de Madrid et de Valence.
Le chef du gouvernement, , doit définir une ligne. Faut-il prolonger la résistance dans l'espoir qu'une guerre européenne, qu'il juge imminente, transforme le conflit espagnol en front d'une lutte plus vaste contre le fascisme et force les démocraties à intervenir ? Il a formulé treize conditions de paix, mais Londres et Paris se dérobent.
Beaucoup, dans son propre camp, n'y croient plus. Des militaires et des socialistes, épuisés, veulent négocier une reddition pour épargner le sang et obtenir des garanties contre les représailles. L'armée républicaine est exsangue, le ravitaillement effondré, le moral entamé. Negrín doit trancher : poursuivre la résistance à outrance, chercher une paix négociée pour limiter le bain de sang, ou organiser l'exil ordonné des cadres républicains ? Le sort de centaines de milliers de combattants en dépend.
Negrín doit-il poursuivre la guerre à outrance, ou chercher une paix négociée pour épargner les siens ?
Negrín choisit B : il prône la résistance jusqu'au bout, espérant tenir jusqu'au déclenchement d'une guerre générale. Mais son autorité s'effrite. En mars 1939, le colonel Casado, soutenu par des socialistes modérés, se soulève contre lui à Madrid pour négocier la paix avec Franco — négociation qui n'aboutira qu'à une capitulation sans condition. Madrid tombe le 28 mars, et Franco proclame la fin de la guerre le 1er avril. Le pari de Negrín sur une intervention extérieure échoue : la guerre européenne éclatera cinq mois trop tard pour la République. La répression franquiste s'abat alors sur les vaincus. Beaucoup de républicains prendront le chemin de l'exil ou des camps français.









