Mille kilomètres pour sauver une industrie
Fin 1937 et en 1938, les armées japonaises s'emparent des grandes villes côtières chinoises. Shanghai, puis Canton et Nankin tombent, et avec elles le cœur industriel du pays : filatures, aciéries, ateliers de mécanique. Sans ces usines, la Chine ne pourra plus produire ni armes ni matériel.
Un vaste démontage commence. Des centaines d'entreprises sont mises en caisses pour gagner les provinces de l'ouest, vers Chongqing et le Sichuan. Mais les routes de montagne sont rares et défoncées, les fleuves capricieux, et l'aviation japonaise domine le ciel.
Les responsables doivent trancher : par quelle voie faire passer ce trésor industriel, et faut-il tout sauver ou se résoudre à des choix douloureux ?
Comment évacuer les usines vers l'intérieur sans les perdre en route ?
L'essentiel des équipements est évacué par voie fluviale, en remontant le Yangtze à travers les gorges jusqu'à Chongqing — une distance de l'ordre de 1 500 km. Des compagnies de navigation, dont la Minsheng de , organisent le transport de milliers de tonnes de machines malgré les bombardements. Malgré des pertes réelles, ce déménagement industriel permet à la Chine de maintenir une production de guerre dans l'intérieur jusqu'en 1945.









