Roosevelt face à de Gaulle — 28 juin
Fin juin 1940, doit définir la politique américaine envers une France éclatée. Le gouvernement Pétain s'installe et bénéficie de la reconnaissance diplomatique de Washington, où l'ambassadeur , bientôt remplacé par l'amiral Leahy, traite avec lui. Dans le même temps, un général inconnu, de Gaulle, lance depuis Londres des appels à poursuivre la guerre.
Le secrétaire d'État présente à Roosevelt le cas de ce « général de Gaulle » sans base juridique : un officier récemment promu, ancien sous-secrétaire d'un gouvernement tombé, que la presse britannique commence à appeler les « Français libres ». Churchill, lui, est prêt à le reconnaître.
Roosevelt doit arbitrer entre trois lignes : reconnaître de Gaulle comme représentant de la France combattante, s'en tenir exclusivement à Vichy, ou jouer sur les deux tableaux. À Washington, l'opinion reste majoritairement hostile à tout engagement, et 1940 est une année électorale où Roosevelt brigue un troisième mandat inédit. Son choix engage des années de relations franco-américaines et conditionne la place de la France dans la coalition à venir.
Quelle politique Roosevelt doit-il adopter envers de Gaulle et Vichy ?
Roosevelt choisit C, ligne qu'il maintiendra jusqu'à la fin de 1942. Vichy reste reconnu, avec Bullitt puis Leahy comme ambassadeurs, et de Gaulle n'est pas reçu à Washington avant 1944. Cette politique nourrit une défiance durable entre Roosevelt et de Gaulle — alors que Churchill reconnaît de Gaulle dès le 28 juin 1940 comme « chef des Français libres ». Les tensions éclateront à Saint-Pierre-et-Miquelon (décembre 1941), à Madagascar (1942) et lors du débarquement allié en Afrique du Nord (novembre 1942). Le choix américain de juin 1940 fixe pour des années l'ambiguïté de la position des États-Unis face à la France de la France Libre et de Vichy.









