Le capitaine se trouve parmi les 45 000 soldats indiens capturés lors de la chute de le 15 février 1942, la plus grande reddition de l'histoire militaire britannique. Dans les jours qui suivent, les officiers japonais lui soumettent une proposition sans précédent : lever, parmi ces hommes démoralisés et sans statut clair, une armée qui combattrait aux côtés du Japon pour chasser les Britanniques du sous-continent indien.
Le dilemme est redoutable à plusieurs titres. a prêté serment à la Couronne britannique et trahir ce serment exposerait ses hommes à être traités non plus en prisonniers de guerre mais en traîtres. Pourtant, des dizaines de milliers de soldats indiens sont à la merci de gardiens japonais dont le traitement des prisonniers dans d'autres théâtres s'est révélé brutal. Par ailleurs, le mouvement pour l'indépendance de l'Inde galvanise l'opinion depuis des décennies, et certains officiers indiens voient dans la défaite britannique une occasion historique.
doit arbitrer entre 3 logiques irréconciliables : former une de volontaires pour combattre la domination coloniale britannique aux côtés du Japon, au risque de devenir un instrument de la politique impériale nippone ; refuser l'offre et demeurer prisonnier de guerre loyal à son serment, en espérant que les conventions de Genève protégeront ses hommes ; ou limiter son rôle à la protection des prisonniers indiens sans engager de troupes au combat, cherchant un espace entre la résistance et la collaboration.
Singapour, 17 février 1942, officier indien fait prisonnier après la capitulation de la forteresse : Mohan Singh doit-il répondre à l'offre japonaise ?
accepte et lève une forte d'environ 40 000 hommes à l'été 1942. Les tensions avec le commandement japonais, qui entend en faire un instrument docile, deviennent vite insupportables : en décembre 1942, dissout l'armée et est arrêté par les Japonais. L'INA renaît en 1943 sous et combat en Birmanie jusqu'en 1945. Le procès de ses officiers à Delhi en 1945-1946 provoque une vague d'indignation qui fragilise la légitimité du Raj britannique. Épisode ambigu entre collaboration et lutte anticoloniale, il pèse encore dans la mémoire indienne de l'indépendance.
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