Villa Incisa — l'armistice italo-français
L'armistice franco-allemand impose à la France de cesser aussi le combat contre l'Italie. La délégation française, toujours conduite par Huntziger, gagne la Villa Incisa all'Olgiata, près de Rome, où elle est reçue par le maréchal , chef d'état-major italien. La signature a lieu le 24 juin 1940. Aux côtés de Badoglio siège le comte , ministre des Affaires étrangères. L'accord doit entrer en vigueur six heures après sa signature — en même temps que le cessez-le-feu général avec l'Allemagne, soit le 25 juin à 0h35 — et une commission de contrôle doit être installée à Turin pour en surveiller l'exécution.
La marge de l'Italie est étroite. Rome négocie en position de faiblesse : l'offensive de Mussolini dans les Alpes a échoué contre l'armée d'Olry, et Hitler a recommandé la modération pour ménager le futur gouvernement de Vichy.
Mussolini avait rêvé d'un grand butin — Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie, Djibouti. Ces revendications, héritées de l'irrédentisme italien, sont agitées par la propagande fasciste depuis des années. Reste à fixer l'ampleur réelle des exigences que la situation autorise, entre l'affichage de la victoire et la réalité d'une offensive enrayée.
Quelle ampleur l'Italie pouvait-elle réellement donner à ses exigences ?
C'est B qui prévaut. L'armistice de la Villa Incisa, signé le 24 juin, n'accorde à l'Italie qu'une zone d'occupation réduite autour de Menton et une bande démilitarisée — aucune annexion en métropole, ni Tunisie, ni Corse, ni Djibouti. Le cessez-le-feu général entre en vigueur le 25 juin à 0h35, une fois les deux armistices signés. Pour Mussolini, c'est une frustration : il n'obtient presque rien d'une défaite à laquelle il a si peu contribué. Badoglio, lui, deviendra chef du gouvernement italien après la chute de Mussolini en juillet 1943 et négociera l'armistice de l'Italie avec les Alliés en septembre 1943. La modestie des gains de juin 1940 préfigure les déboires militaires italiens des années suivantes.









