Adolf Hitler apprend le 7 décembre l'attaque japonaise sur **Pearl Harbor** avec une satisfaction à peine dissimulée. Le **Pacte tripartite** de septembre 1940 lie l'Allemagne, l'Italie et le Japon dans une alliance défensive : la clause d'assistance ne s'active qu'en cas d'agression *contre* l'un des signataires — or c'est le Japon qui a frappé le premier. Hitler n'est donc juridiquement contraint à rien. Depuis des mois, il bride ses **U-Boote** pour éviter un incident naval fatal avec Washington, conscient que l'opinion isolationniste américaine constitue le meilleur rempart contre une intervention massive en Europe. Franklin Roosevelt ne dispose pas encore d'un mandat de guerre contre le Reich.
Pourtant la décision que Hitler doit rendre dans les heures qui suivent engage l'avenir du conflit tout entier. Il peut saisir l'élan de Pearl Harbor et déclarer immédiatement la guerre aux États-Unis, parachevant l'alliance avec Tokyo et desserrant enfin la laisse sur la *Kriegsmarine*. Il peut au contraire rester en dehors, laisser les Américains s'engluer dans le Pacifique et se contenter d'incidents navals maîtrisés en Atlantique. Il peut encore temporiser, différer toute déclaration formelle et négocier en coulisses les modalités de la solidarité avec le Japon.
La pression de Ribbentrop, l'orgueil et la logique idéologique le poussent vers l'éclat. Mais l'enjeu dépasse de loin un geste de solidarité : il s'agit d'ouvrir un second front océanique contre la première puissance industrielle du monde.
Berlin, 11 décembre 1941, chancelier du Reich : l'attaque japonaise sur Pearl Harbor oblige-t-elle l'Allemagne à entrer en guerre contre les États-Unis ?
Hitler monte à la tribune du Reichstag le 11 décembre 1941 et déclare la guerre aux États-Unis. La décision libère Roosevelt de l'opposition isolationniste et permet l'adoption officielle de la stratégie « Europe d'abord » : l'immense potentiel industriel et militaire américain s'engage en priorité contre l'Allemagne. Très majoritairement jugée comme une faute stratégique capitale, elle scelle en grande partie le sort du IIIe Reich.
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