Des chars étrangers dans la neige de Moscou
Un officier de chars de la reçoit, en plein hiver, un matériel qu'il n'a jamais manœuvré : des et des Valentine britanniques, acheminés par les convois arctiques au titre du . Ses équipages, éprouvés par les pertes terribles de l'été et de l'automne 1941, connaissent le T-34 et le léger T-60, pas ces engins venus d'un autre arsenal, aux notices traduites à la hâte.
Le matériel anglais déroute. Le blindage de la Matilda égale celui du lourd KV-1, mais son canon de 2 livres, dépourvu d'obus explosifs, ne mord guère sur l'infanterie. Les chenilles patinent sur la glace ; la neige et la boue s'accumulent derrière les jupes latérales et bloquent la suspension. Plusieurs blindés tombent en panne dès les premières marches d'entraînement, alors que le parc soviétique propre s'est épuisé dans les combats.
Devant l' qui contre-attaque pour repousser la Wehrmacht loin de la capitale, l'officier doit décider de l'emploi : jeter immédiatement ces chars mal connus en première ligne malgré le risque ; les garder en réserve le temps d'instruire les équipages et d'adapter les chenilles ; ou les répartir en appoint, par petits paquets, parmi les unités de T-34 et de T-60.
Région de Moscou, janvier 1942, officier de chars soviétique : comment employer les blindés alliés à peine débarqués ?
Les chars britanniques du furent engagés sans délai dès l'hiver 1941-42, faute de blindés soviétiques disponibles. Les premiers bataillons formés sur Matilda et Valentine — dont la — combattirent dès la fin novembre 1941 dans la défense puis la contre-offensive de Moscou. Sur la glace, les chenilles glissaient tant que les Soviétiques y soudèrent des crampons d'acier ; le blindage épais protégeait bien, mais le canon de 2 livres, sans obus explosif, restait faible contre l'infanterie, et les boîtes de vitesses se grippaient. L'appoint fut réel — les chars alliés représentèrent une part notable des blindés moyens et lourds devant Moscou en décembre 1941, à un moment où le parc soviétique était au plus bas — mais critiqué par les équipages. Le britannique combla un creux décisif jusqu'à ce que l'industrie soviétique se relève.
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